Licence de débit de boissons : la réglementation à connaître

Comptoir de bar en bois avec bouteilles de vin et spiritueux alignées
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Ouvrir un bar, un café ou un restaurant qui sert de l’alcool suppose d’obtenir la bonne licence de débit de boissons et de respecter un cadre juridique précis. Entre choix de la licence, permis d’exploitation et déclarations administratives, plusieurs démarches se cumulent avant la première ouverture. Nous faisons le point sur la réglementation à connaître avant de se lancer.

Licence III et licence IV : deux régimes bien distincts

La licence III, dite licence restreinte, autorise la vente de boissons fermentées non distillées : vin, bière, cidre ou poiré, jusqu’à 18 degrés d’alcool. Elle correspond au profil de nombreux bars à vins, cafés et restaurants qui ne proposent pas de spiritueux. Beaucoup de porteurs de projet se tournent vers l’acquisition d’une licence 3 pour ce type d’établissement, une option plus accessible avant d’envisager, le cas échéant, une licence couvrant l’ensemble des boissons.

La licence IV, ou grande licence, permet de vendre toutes les boissons dont la consommation sur place est autorisée, y compris les spiritueux distillés comme le whisky, le rhum ou le gin. Sa création est gelée depuis plusieurs décennies pour les nouveaux établissements, comme le rappelle la fiche officielle Licences de débits de boissons du service public : elle ne s’obtient plus directement auprès de l’administration, mais se transmet entre particuliers par rachat, mutation ou translation. Cette rareté organisée explique pourquoi son prix varie fortement d’une commune à l’autre, selon la densité locale de licences déjà en circulation.

Terrasse de cafe en centre-ville avec tables en bois

Le permis d’exploitation, un passage obligatoire

Avant toute déclaration en mairie, l’exploitant doit suivre une formation dite permis d’exploitation. Comptez 20 heures réparties sur plusieurs jours pour un nouvel entrant, contre 6 heures pour les professionnels justifiant d’au moins dix ans d’expérience dans le secteur. Cette formation porte sur la réglementation de la vente d’alcool, la prévention de l’ivresse publique et la protection des mineurs. Le permis délivré à l’issue reste valable dix ans et doit être renouvelé par une session de mise à jour.

La déclaration en mairie et le calendrier à anticiper

Une fois le permis d’exploitation obtenu, l’ouverture doit être déclarée à la mairie, ou à la préfecture de police à Paris, au moins 15 jours avant la date d’ouverture. Cette déclaration s’ajoute à l’immatriculation de l’entreprise sur le guichet unique, qui a remplacé les centres de formalités des entreprises. Le formulaire dédié est disponible sur le site du service public. Entre la première démarche et l’ouverture effective, il faut généralement compter entre 6 et 10 semaines, formation comprise. Un calendrier serré, mais réaliste si les étapes sont anticipées dans le bon ordre :

  1. Suivre la formation permis d’exploitation et obtenir l’attestation
  2. Immatriculer l’entreprise sur le guichet unique
  3. Choisir la licence adaptée à l’activité envisagée, licence III ou licence IV
  4. Déclarer l’ouverture en mairie au moins 15 jours avant le lancement
  5. Préparer l’affichage obligatoire et les registres exigés par la réglementation
Signature d'un formulaire administratif sur un bureau

Les obligations à respecter une fois l’établissement ouvert

L’ouverture ne marque pas la fin des obligations. L’exploitant doit afficher de façon visible l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs et les dispositions relatives à la répression de l’ivresse publique. La réglementation impose également de proposer au moins dix boissons sans alcool, mises en avant au même titre que les boissons alcoolisées, ainsi que l’affichage des prix à l’intérieur comme à l’extérieur de l’établissement. Les horaires d’ouverture, eux, restent encadrés par un arrêté préfectoral propre à chaque zone.

Les établissements qui emploient du personnel doivent par ailleurs anticiper la réglementation applicable aux jours fériés, un sujet distinct de la licence mais tout aussi structurant pour organiser les plannings autour des périodes de forte affluence.

Bien anticipées, ces démarches se déroulent sans mauvaise surprise. Le choix de la licence, la formation et la déclaration en mairie forment un socle commun à tous les débits de boissons, quelle que soit la taille de l’établissement.

Cet article a une vocation strictement informative et ne remplace pas les conseils d’un professionnel du droit ou d’un centre de formalités des entreprises pour une situation individuelle.

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