Vous vous demandez comment fonctionnent les jours fériés payés en France et quelles sont vos obligations d’employeur ? La réglementation distingue entre jours fériés chômés et travaillés, avec des règles de rémunération spécifiques selon l’ancienneté et les conventions collectives. Découvrez le cadre légal du Code du travail, les majorations obligatoires comme le doublement du 1er mai, et les spécificités sectorielles qui enrichissent le calendrier national de base.
Ce qu'il faut retenir :
| 📝📅 Jours légaux | Les 11 jours fériés nationaux fixés par le Code du travail, dont le 1er mai, sont obligatoirement chômés et rémunérés selon des règles spécifiques. Leur statut dépend des accords et conventions collectives, sauf pour le 1er mai, protégé par l'ordre public. |
| 🌍🎉 Jours locaux & outre-mer | Certaines régions ou territoires disposent de jours fériés ou commémorations spécifiques, comme la Saint-Étienne en Alsace-Moselle ou la commémoration de l'abolition de l'esclavage outre-mer, selon leur histoire locale. |
| 💰🛑 Rémunération | Les jours fériés peuvent donner lieu à maintien de salaire pour les salariés avec au moins 3 mois d'ancienneté. Le travail le 1er mai est toujours majoré du double, tandis que d'autres jours bénéficient de majorations selon accords ou conventions. |
| 🛌⏳ Jours chômés | Les salariés ayant au moins 3 mois d'ancienneté ont droit au maintien de leur salaire. Les congés payés s'acquièrent normalement, sans impact des jours fériés, sauf exceptions pour certains salariés ou secteurs. |
| 🛠️💵 Jours travaillés | Travailler un jour férié comme le 1er mai donne droit à une majoration légale de 100 %. Pour les autres jours, la majoration dépend des accords, généralement entre 50 % et 100 %, sauf exception légale spécifique. |
| 👷♂️🔧 Cas particuliers | Les salariés temporaires, à domicile ou apprentis ont des droits spécifiques : rémunération selon contexte, interdiction de travailler certains jours, ou repos compensateur dans certains secteurs. |
| 🤝📜 Conventions & accords | Les accords de branche ou d'entreprise adaptent le calendrier officiel, créant parfois des jours fériés supplémentaires ou des ponts, selon la tradition ou la négociation sectorielle, dans le respect de l'ordre public. |
| 🏭🎉 Exemples sectoriels | La métallurgie célèbre Saint-Éloi, les mines honorent Sainte-Barbe, et le secteur hôtelier adapte ses jours fériés selon la région, illustrant la diversité des pratiques selon l'activité. |
Sommaire :
📅 Cadre légal et liste des jours fériés en France
Les jours fériés payés en France reposent sur des dispositions légales précises définies par l’article L.3133-1 du Code du travail. Cette liste limitative fixe 11 fêtes nationales obligatoires en métropole, auxquelles s’ajoutent des jours supplémentaires selon les territoires et les conventions en vigueur. La réglementation distingue entre les jours fériés chômés et travaillés, avec des règles spécifiques de rémunération selon l’ancienneté du salarié et la nature de l’activité de l’entreprise.
Seul le 1er mai constitue un jour férié obligatoirement chômé pour tous les salariés, relevant de l’ordre public. Les autres dates dépendent des dispositions conventionnelles ou de l’employeur, leur création un régime différencié selon les secteurs. Cette organisation garantit une protection du droit au repos tout en préservant la continuité de certaines activités essentielles.
Les jours fériés nationaux définis par le Code du travail
L’article L.3133-1 établit une liste exhaustive de 11 fêtes légales applicables sur l’ensemble du territoire métropolitain. Ces dates incluent des célébrations religieuses et commémoratives nationales dispositions fixes ou mobiles selon leur origine.
| Fête légale | Date | Nature |
|---|---|---|
| Jour de l’An | 1er janvier | Date fixe |
| Lundi de Pâques | Variable | Fête chrétienne mobile |
| Fête du Travail | 1er mai | Date fixe – Ordre public |
| Victoire 1945 | 8 mai | Date fixe |
| Ascension | Variable | Fête chrétienne mobile |
| Lundi de Pentecôte | Variable | Fête chrétienne mobile |
| Fête nationale | 14 juillet | Date fixe |
| Assomption | 15 août | Date fixe |
| Toussaint | 1er novembre | Date fixe |
| Armistice 1918 | 11 novembre | Date fixe |
| Noël | 25 décembre | Date fixe |
Ces jours constituent la base réglementaire pour l’application des règles de rémunération des jours fériés. Leur caractère chômé dépend des accords collectifs ou des décisions de l’employeur, à l’exception du 1er mai qui bénéficie d’une protection absolue.
Jours fériés locaux et spécificités outre-mer
L’Alsace-Moselle bénéficie de deux jours fériés supplémentaires définis par l’article L.3134-16 du Code du travail : le Vendredi Saint (18 avril en 2025) et le 26 décembre (Saint-Étienne). Ces dates s’appliquent uniquement aux salariés travaillant dans les départements du Bas-Rhin, de la Moselle et du Haut-Rhin, dans les communes disposant d’un temple protestant ou d’une église mixte pour le Vendredi Saint.
Les départements d’outre-mer disposent de jours de commémoration de l’abolition de l’esclavage selon un calendrier territorial spécifique. Cette diversité reflète l’histoire locale tout en maintenant l’uniformité du droit du travail.
| Territoire | Date de commémoration |
|---|---|
| Guadeloupe | 27 mai |
| Guyane | 10 juin |
| Martinique | 22 mai |
| Mayotte | 27 avril |
| La Réunion | 20 décembre |
| Saint-Barthélemy | 9 octobre |
| Saint-Martin | 27 mai |
💼 Rémunération et droits des salariés pendant les jours fériés
La rémunération des jours fériés suit des règles précises qui distinguent entre les jours chômés et travaillés, avec des critères d’ancienneté et de catégorie de personnel. Le maintien du salaire pour les jours chômés nécessite au moins 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise, tandis que le travail effectué durant ces journées peut donner lieu à des majorations selon la réglementation ou les conventions collectives.
Les modalités de rémunération varient considérablement selon le statut du salarié et la nature du jour férié concerné. Le 1er mai bénéficie d’un régime particulier avec doublement obligatoire de la rémunération en cas de travail, tandis que les autres jours dépendent des dispositions négociées au niveau de la branche ou de l’entreprise.
Jours fériés chômés : maintien du salaire et impact sur les congés payés
Le principe du maintien de salaire s’applique aux salariés justifiant d’au moins 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise, y compris les salariés saisonniers dont l’ancienneté cumulée atteint cette durée. Cette règle garantit qu’aucune perte de rémunération ne résulte du chômage d’un jour férié pour les salariés remplissant les conditions d’ancienneté.
Certaines catégories de personnel sont exclues du bénéfice de cette rémunération : les salariés à domicile, les intermittents et les temporaires (sauf si le jour férié intervient pendant leur mission). Les [acquisition des congés payés](https://www.avenir-entreprises.fr/business/acquisition-des-conges-payes-pendant-un-arret-longue-maladie-calcul-et-droits/) continue normalement pendant les jours fériés chômés, sans impact sur le décompte des droits à congés.
Jours fériés travaillés : majorations légales et cas du 1er mai
Le travail effectué le 1er mai bénéficie obligatoirement du doublement de la rémunération habituelle, constituant une protection d’ordre public pour tous les salariés. Cette majoration s’applique indépendamment des conventions collectives et représente le minimum légal exigible.
Est-ce que tous les jours fériés sont payés double ? Non, seul le travail du 1er mai bénéficie légalement du doublement. Pour les autres jours fériés travaillés, la majoration dépend entièrement des dispositions conventionnelles ou des accords d’entreprise. Les taux usuels varient généralement entre 50 % et 100 % de majoration, mais restent facultatifs en l’absence d’accord spécifique.
Cas particuliers : salariés temporaires, à domicile et apprentis
Les salariés temporaires bénéficient de la rémunération des jours fériés chômés uniquement si ces derniers interviennent pendant leur mission en cours. Cette règle vise à garantir une équité de traitement avec les salariés permanents de l’entreprise utilisatrice.
Les salariés à domicile ne bénéficient généralement pas de la rémunération des jours fériés, sauf dispositions conventionnelles plus favorables. Les apprentis et salariés de moins de 18 ans ne peuvent pas travailler les jours fériés légaux, excepté dans certains secteurs (hôtellerie, restauration, boulangerie) avec obligation de repos compensateur d’au moins 36 heures consécutives.
🤝 Conventions collectives et aménagements sectoriels
Les conventions collectives et accords de branche jouent un rôle déterminant dans l’aménagement des jours fériés, permettant d’adapter le calendrier légal aux spécificités sectorielles. Cette hiérarchie des normes établit un ordre de priorité : ordre public (1er mai), convention collective de branche, accord d’entreprise ou d’établissement, puis décision de l’employeur après consultation du CSE.
L’absence d’accord écrit impose la consultation préalable du comité social et économique pour fixer les modalités d’application des jours fériés ou l’organisation de ponts. Cette procédure garantit une concertation sociale sur les décisions affectant les conditions de travail et la rémunération des salariés.
Conventions collectives, accords d’entreprise et jours fériés
Chaque niveau de négociation peut rendre férié et chômé un jour non couvert par le Code du travail, créant des calendriers sectoriels adaptés aux traditions professionnelles. Les accords de branche établissent souvent des règles communes à l’ensemble d’un secteur, tandis que les accords d’entreprise permettent des adaptations plus fines aux contraintes opérationnelles.
Les dispositions plus favorables peuvent prévoir des jours supplémentaires, des ponts organizés ou des majorations de rémunération supérieures aux minima légaux. Par exemple, une convention de branche peut décider que le vendredi qui suit l’Ascension devient automatiquement chômé pour tous les salariés du secteur concerné.
Exemples pratiques : métallurgie (Saint-Éloi), mines (Sainte-Barbe), hôtellerie
Les traditions sectorielles ont donné naissance à des jours fériés spécifiques reconnus par les conventions collectives de certaines branches professionnelles. Ces usages illustrent la diversité des pratiques selon l’activité économique et l’histoire des secteurs.
- Métallurgie : Saint-Éloi (1er décembre) chômé selon la convention collective métallurgie, honorant le patron des métalliers
- Mines : Sainte-Barbe (4 décembre) fériée dans le secteur minier, protectrice traditionnelle des mineurs
- Hôtellerie-restauration : usages locaux variables incluant parfois des jours de carnaval ou des fêtes régionales selon l’implantation géographique
- Secteur public : certains établissements peuvent bénéficier de jours fériés supplémentaires selon leur statut ou leurs missions spécifiques
Ces exemples démontrent comment les accords collectifs permettent d’enrichir le calendrier légal pour répondre aux besoins spécifiques de chaque branche, tout en respectant les dispositions d’ordre public applicables à l’ensemble des salariés.




